Qu’est ce qu’une thermocoagulation articulaire?
Quand l’usure des articulations vertébrales devient significative, l’inflammation locale est responsable d’une irritation de petites fibres nerveuses sensitives, appelées branches postérieures du nerf rachidien, au niveau des articulations vertébrales.
Cette inflammation des nerfs propage la sensation de douleur lombaire (lombalgie) liée à l’arthrose vertébrale vers le bas du dos, les fesses, parfois les cuisses.
Ce n’est pas une irritation du nerf sciatique, mais la zone douloureuse de la cuisse peut être assez proche elle est alors appelée « pseudo sciatique référée »
Le but de la thermocoagulation (nom médical : Rhizolyse) est de détruire par la chaleur ce rameau nerveux, et de couper le message de la douleur.
Qu’est ce qu’une arthrose articulaire vertébrale ?
La stabilité de la colonne vertébrale est assurée entre chaque vertèbre par le disque en avant , et les deux articulations des vertèbres en arrière, ce qui forme un trépied légèrement mobile.
Les contraintes vertébrales sont responsables d’une usure progressive selon un principe mécanique simple : la flexion écrase les disques en avant, l’extension écrase les articulations en arrière :
Cette arthrose des articulations est donc plus fréquente chez les patients avec un dos creux ( hyperlordose), et prédomine sur les articulations du bas du dos qui supportent plus de contrainte.
Le médecin recherchera lors de votre examen, la majoration des douleurs lombaires en extension du tronc, ce qui est le test le plus fiable pour confirmer l’origine articulaire de vos douleurs du dos.
Le bilan de l’arthrose vertébrale
Un bilan radio standard de la colonne vertébrale lombaire permet d’analyser la forme et l’usure du dos en position debout.
L’imagerie IRM et Scanner montre l’état d’usure des articulations vertébrales.
Mais l’usure radiographique n’est pas proportionnelle à la douleur.
Ces examens ont donc un intérêt relatif, principalement celui de vérifier l’absence d’autre cause de douleur vertébrale ( en particulier lésion discale associée)
Quand discuter une thermocoagulation ?
L’usure des articulations vertébrales est irréversible .
L’évolution naturelle se fait vers la diminution de la mobilité et une dégradation de la posture aggravant le déséquilibre vertébral, et le déconditionnement musculaire.
La pratique de kinésithérapie avec un soutien médicamenteux peut souvent suffire, mais l’aggravation des douleurs peut nécessiter un traitement plus efficace.
le but de la thermocoagulation , est de soulager la douleur, par une technique non invasive, pour une meilleure récupération fonctionnelle vertébrale.
Cette démarche s’inscrit dans le renforcement du traitement médical , sans escalade thérapeutique vers la vraie chirurgie.
Le principe de la technique opératoire
Une fine électrode est mise en place dans le dos, dans une aiguille, au niveau des articulations vertébrales douloureuses, sous contrôle radiographique, à distance du nerf sciatique , il n’y a pas de risque de blessure du nerf sciatique.
L’électrode est branchée à un appareil qui génère la chaleur de la pointe de l’électrode par radiofréquence.
La température et la durée de coagulation sont régulées par le générateur pour délivrer la quantité d’énergie adéquat pour une coagulation tissulaire de très petite taille autour de la branche nerveuse articulaire ciblée par la pointe de l’électrode.
L’intervention
- 20 minutes de procédure
- le malade est allongé à plat ventre
- une analgésie intraveineuse est contrôlée par un médecin anesthésiste (pas d’anesthésie générale)
- Le geste est réalisé avec une simple aiguille, sans cicatrice, ce qui est appelé « per cutané ».
- la position de l’aiguille est vérifiée par contrôle radiographique
- la piqure cutanée nécessite un pansement simple qui sera retiré le lendemain
- lever une heure après la procédure
- hospitalisation en ambulatoire
La rééducation post opératoire et
la reprise des activités
- marche et position assise sans consigne de limitation
- reprise d’activité physique et sportive selon le niveau de tolérance de chacun
- une kinésithérapie de posture est proposée après la consultation post opératoire du premier mois
Risques, Complications
- aucun risque neurologique direct car le positionnement de l’électrode en arrière est à distance des nerfs moteurs de la colonne vertébrale.
- pas de complication cicatricielle car il n’y a aucune cicatrice.
- nécessité d’arrêter les traitements anticoagulants avant la procédure pour ne pas favoriser la survenu d’un hématome (comme pour toute infiltration…) ce qui sera discuté lors de la consultation d’anesthésie.
Résultat attendu
- 70 à 85 % de patients améliorés partiellement ou totalement.
- pendant plusieurs mois et années car l’effet de coagulation du nerf est définitif.
- la lente repousse du nerf peut apporter une récidive des douleurs à long terme, pour laquelle une nouvelle Rhizolyse est en général aussi efficace.
- la possible insuffisance de résultat est liée au caractère multifactoriel de la lombalgie, avec parfois la persistance d’autres facteurs de la douleur non soulagés par ce traitement ciblé articulaire.
- la persistance de douleur importante peut justifier une réorientation thérapeutique vers des traitements à visé discale ou une compression des gros nerfs dans le canal vertébral. C’est le but de la consultation post opératoire de faire le point sur la nécessité d’un complément de traitement si besoin.
Pourquoi une THERMOCOAGULATION plutôt qu’une INFILTRATION articulaire ?
Ces deux traitements s’adressent à la même maladie articulaire douloureuse, donc aux même patients .
Le choix dépend principalement des habitudes du thérapeute, et du plateau technique disponible car la thermocoagulation nécessite un appareillage spécifique.
Les deux procédures sont assez similaires car nécessitent la mise en place d’une aiguille sur le même point de ponction, mais relève d’un concept thérapeutique différent :
L’infiltration calme la douleur par l’action locale d’un anti inflammatoire injectable dont l’effet ne peut être structurellement que temporaire, donc s’adresse aux crises douloureuses aiguës passagères.
Elle peut être pour certaines équipes « un test thérapeutique » pour valider l’origine articulaire de la douleur avant de faire une thermocoagulation mais cette pratique en deux étapes n’est pas consensuelle.
La thermocoagulation calme la douleur par une destruction du nerf de la douleur de l’articulation , donc avec un effet prolongé plusieurs années. Elle s’adresse aux maladies articulaires chroniques ( plus de trois mois d‘évolution) pour un résultat sur le long terme.


